Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/228

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Les mouches aux ailes de crêpes
Admiraient près de sa Phryné
Ce frelon, officier des guêpes,
Coiffé d’un képi galonné.

Cachés par une primevère,
Une caille, un merle siffleur,
Buvaient tous deux au même verre
Dans une belladone en fleur.

Pensif, j’observais en silence,
Car un cœur n’a jamais aimé
Sans remarquer la ressemblance
De l’amour et du mois de mai.


III


Les clochettes sonnaient la messe.
Tout ce petit temple béni
Faisait à l’âme une promesse
Que garantissait l’infini.

J’entendais, en strophes discrètes,
Monter sous un frais corridor,
Le Te Deum des pâquerettes,
Et l’hosanna des boutons d’or.

Les mille-feuilles que l’air froisse
Formaient le mur tremblant et doux,
Et je reconnus ma paroisse ;
Et j’y vis mon rêve à genoux.