Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/270

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Dieu s’en sert, donc il s’en aide.
L’astre apparaît dans l’éclair ;
Zéus est dans Archimède,
Et Jéhovah dans Kepler.

Jusqu’à ce que l’homme meure,
Il va toujours en avant.
Sa pensée a pour demeure
L’immense idéal vivant.

Dans tout génie il s’incarne ;
Le monde est sous son orteil ;
Et s’il n’a qu’une lucarne,
Il y pose le soleil.

Aux terreurs inabordable,
Coupant tous les fatals nœuds,
L’homme marche formidable,
Tranquille et vertigineux.

De limon il se fait lave,
Et colosse d’embryon ;
Épictète était esclave,
Molière était histrion,

Esope était saltimbanque,
Qu’importe ! — il n’est arrêté
Que lorsque le pied lui manque
Au bord de l’éternité.

L’homme n’est pas autre chose
Que le prête-nom de Dieu.
Quoi qu’il fasse, il sent la cause
Impénétrable, au milieu.