Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/280

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La haie, où s’ouvraient leurs calices
Et d’où sortaient ces humbles fleurs,
Écoutait du bord des coulisses
Le rire des bouvreuils siffleurs.

Parmi les brises murmurantes
Elle n’osait lever le front ;
Cette mère de figurantes
Était un peu honteuse au fond.

Et je m’écriai : — Fleurs éparses
Près de la rose en ce beau lieu,
Non, vous n’êtes pas les comparses
Du grand théâtre du bon Dieu.

Tout est de Dieu l’œuvre visible.
La rose, en ce drame fécond,
Dit le premier vers, c’est possible.
Mais le bleuet dit le second.

Les esprits vrais, que l’aube arrose,
Ne donnent point dans ce travers
Que les campagnes sont en prose
Et que les jardins sont en vers.

Avril dans les ronces se vautre.
Le faux art que l’ennui couva
Lâche le critique Lenôtre
Sur le poëte Jéhovah.

Mais cela ne fait pas grand’chose
À l’immense sérénité,
Au ciel, au calme grandiose
Du philosophe et de l’été.