Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/293

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(Car j’ai dans des bribes latines
Lu que Dieu veut le nombre impair.)
Je vais chez l’aurore à matines,
Je vais à vêpres chez Vesper.

La religion naturelle
M’ouvre son livre où Job lisait,
Où luit l’astre, où la sauterelle
Saute de verset en verset.

C’est le seul temple. Tout l’anime.
Je veux Christ ; un rayon descend ;
Et si je demande un minime,
L’infusoire me dit : Présent.

La lumière est la sainte hostie ;
Le lévite est le lys vermeil ;
Là resplendit l’eucharistie
Qu’on appelle aussi le soleil.

La bouche de la primevère
S’ouvre et reçoit le saint rayon ;
Je regarde la rose faire
Sa première communion.


II


AMOUR DE L’EAU.


Je récite mon bréviaire
Dans les champs, et j’ai pour souffleur
Tantôt le jonc sur la rivière,
Tantôt la mouche dans la fleur.