Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/301

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Un moine, assis dans les coulisses,
Aux papillons, grands et petits,
Tâchait de vendre des calices
Que l’églantier donnait gratis.

Là, point d’orangers en livrée,
Point de grenadiers alignés ;
Là, point d’ifs allant en soirée,
Pas de buis, par Boileau peignés ;

Pas de lauriers dans des guérites ;
Mais, parmi les prés et les blés,
Les paysannes marguerites
Avec leurs bonnets étoiles.

Temple où les fronts se rassérènent,
Où se dissolvent les douleurs,
Où toutes les vérités prennent
La forme de toutes les fleurs !

C’est là qu’avril oppose au diable
Au pape, aux enfers, aux satans,
Cet alléluia formidable,
L’éclat de rire du printemps.

Oh ! la vraie église divine !
Au fond de tout il faisait jour.
Une rose me dit : Devine.
Et je lui répondis : Amour.