Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/40

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L’air frémit ; l’onde est plus sonore ;
Toute âme entr’ouvre son secret ;
L’univers croit, quand vient l’aurore.
Que sa conscience apparaît.


iv


Quittons Paris et ses casernes.
Plongeons-nous, car les ans sont courts,
Jusqu’aux genoux dans les luzernes
Et jusqu’au cœur dans les amours.

Joignons les baisers aux spondées ;
Souvenons-nous que le hautbois
Donnait à Platon des idées
Voluptueuses, dans les bois.

Vanvre a d’indulgentes prairies ;
Ville-d’Avray ferme les yeux
Sur les douces gamineries
Des cupidons mystérieux.

Là, les Jeux, les Ris, et les Farces
Poursuivent, sous les bois flottants,
Les chimères de joie éparses
Dans la lumière du printemps.

L’onde à Triel est bucolique ;
Asnière a des flux et reflux
Où vogue l’adorable clique
De tous ces petits dieux joufflus.