Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/150

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je ne suis pas méchant, mais j’aimerais ce jeu.
Moi, des crimes, fi donc ! Mais des vices, parbleu !
Quel plaisir, se gratter du doigt la boîte osseuse,
et se dire tout bas : bon ! Elle est paresseuse,
elle hait le travail, elle aime les bijoux,
elle me trompera pour d’affreux sapajous,
elle est chaque jour pire, elle est chaque jour moindre,
elle sent avec joie en elle Phryné poindre,
elle ignore l’honneur, le devoir, la raison ;
elle a l’éclosion sinistre du poison !
Se dire : de farouche elle devient servile,
la faunesse des champs est catin à la ville,
Néère tourne mal et se change en Lola,
assez déesse ici pour être diable là !
Elle a des yeux profonds de plus en plus funèbres,
c’est une gueuse, ô joie ! Et voir, dans les ténèbres,
lentement, dépouillant tout voile, tout remord,
toute pudeur, avec le regard de la mort,
sombre comme Astarté, blanche comme Suzanne,
de la vierge au front pur sortir la courtisane !
Et se dire : c’est bien ! Je vais la dévorer !
Le tout pour rire.


Gunich.

Au fait, c’est gai.


Le duc Gallus.

Flâner, errer,
se refaire le cœur !


Gunich.

Bravo.


Le duc Gallus.

J’ai des nausées
des femmes qui chez nous naissent apprivoisées.
Cet immense plaisir, corrompre, on ne l’a pas.
Leur fuite est l’art savant de faire tous les pas.
Ces prudes ! La Macette est dans la Cidalise.