Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/166

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Après un silence.
Vous devez par instants vous sentir sérieuse ?
Vous êtes…


Nella.

Je ne suis pas même curieuse.
J’ignore votre nom.
Avec une révérence fière.
Soyez le bien venu.
Le duc gallus, souriant.
Le bonheur est parfois caché dans l’inconnu.
Se rapprochant.
Rêvez-vous ? Pensez-vous ?


Nella.

Penser, c’est trop. J’espère.
Le duc gallus, accentuant son sourire.
Mais, belle, il faut aimer quelqu’un.


Nella.

J’aime mon père.


Le duc Gallus.

Mais par des cheveux blancs tout le cœur n’est pas pris.
Nella, le regardant.
J’aime les cheveux blancs, et non les cheveux gris.
Maintenant, s’il vous plaît, je vais serrer mon linge.
Le duc gallus, à part.
Une gazelle ayant de l’esprit comme un singe !
Nella retourne à ses occupations d’intérieur. Elle remet la
ruine en ordre
le plus qu’elle peut. Elle va et vient, sans faire attention au
duc.
Le duc gallus, se rasseyant.
Ah çà, je n’aime point voir des enterrements.
Ces yeux profonds et bleus comme des firmaments,
cette fraîcheur timide, et cette rougeur fière,