Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/191

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est d’être tutoyée, et son autre bonheur
est, quand on lui dit tu, de dire monseigneur.
Il hésite et hoche la tête.
Mais diantre ! Tutoyer, c’est brusquer. C’est du style
bien familier. La nuit est l’intervalle utile.
L’amour dit vous le soir et dit tu le matin.
Il se décide.
Nuances qu’elle doit ignorer.
La regardant et l’admirant.
Quel butin !
Haut à Lison.
Que désires-tu ? Parle, et ne sois pas modeste.
Je viens combler tes voeux.
Lison, maintenant effrayée. Avec une révérence tremblante.
Monseigneur Satan…
Gallus, à part.
Peste !
C’est plus que je n’osais espérer.
Lison, éperdue.
Oui. Non. Si !
Mais je suis toute nue, et c’est plein d’yeux ici.
Un manteau de velours pourpre lui tombe sur les épaules.
C’est le nègre qui lui met ce manteau.


Lison.

Monseigneur le démon…
Le duc gallus, souriant, à part.
Elle accepte l’abîme.
Haut.
Et d’abord, descendons de ce sommet sublime.
Je ne suis pas Satan. Je suis un simple roi.
Du moins j’étais cela l’an passé ; mais l’emploi
m’ennuyait ; j’ai lâché le sceptre qui m’assomme ;