Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/205

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Gallus.

Toi, tu la calomnies.
Elle vaut mieux que toi.


Gunich.

Pour vous les gémonies
sont le vrai panthéon, ô grand prince railleur !
Pour vous le mal est bien, et le pire est meilleur ;
pourtant, valet, je vois l’intérieur du maître ;
vous n’êtes pas mauvais, vous voulez le paraître.
Jeu dangereux. Feu noir, dont on sent la cuisson
tôt ou tard.


Gallus.

Je m’amuse, ô cuistre, à ma façon.
Il fredonne.
Qu’est-ce en somme que la femme ?
Beaucoup de chair, un peu d’âme,
un éden entre-bâillé,
un masque, un rêve, une fable,
un vaudeville du diable
auquel l’homme a travaillé.

Je travaille à

Zabeth.
L’outil, c’est la débauche.

Je fais le monstre, moi, dont Satan fit l’ébauche.
Et plein d’extase, ainsi que jadis Salomon,
je regarde sortir d’une perle un démon.


Gunich.

Vous m’avez l’air d’un homme amoureux.


Gallus.

Par exemple !


Gunich.

Dame ! C’est une idole.


Gallus.

Et l’athée à ce temple
construit par moi, c’est moi.