Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/220

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Gallus.

Certes. Je puis fabriquer, s’il me plaît,
des vers, mais je les fais écrire à mon valet.
Par instants, une envie, honnête et sage en somme,
me prend d’écorcher vif ce hideux gentilhomme !
Apollon, c’est ainsi que tu remercias,
pour avoir chanté faux, le nommé Marsyas.


Gunich.

Je chante juste.


Gallus.

Va, je suis impénétrable.
Inaccessible, inex…


Gunich.

Pugnable.
Souriant et saluant.
Et vulnérable.


Gallus.

Comme Achille alors. Soit. Au talon. Non au cœur.


Gunich.

Le cœur, souvent les grands l’ont au talon.


Gallus.

Moqueur,
tu seras avec moi le moqué. Je t’enseigne,
et ma gaîté te crible, et ta bêtise saigne.


Gunich.

Vous perdez vos anneaux, vous perdez vos sonnets.
Prenez garde.
Gallus, lui tournant le dos.
Il me prend pour un de ces benêts
qui, vu qu’un grand cordon leur coupe en deux le ventre,
rêvent de plaire au sphinx accroupi dans son antre,