Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/255

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Je comprends peu qu’on soit superbe
Et qu’il existe des méchants,
Puisqu’on peut se coucher dans l’herbe
Et qu’il fait clair de lune aux champs.

Toutes les fleurs sont un langage
Qui nous recommande l’amour,
Qui nous berce, et qui nous engage
À mettre dans nos cœurs le jour.

Les vagues robes brillantées,
Les seins blancs et les jeunes voix
Des Phyllis et les Galatées
Conseillent le rire et les bois.

28 octobre 1857


II CHANSON D’ AUJOURD’ HUI.

La vision de la vie,
Larve des vents poursuivie,
Passe et ne m’occupe pas.
La terre est une masure ;
Qu’importe ce que mesure
L’heure en tournant son compas !

Que me fait la moisson blonde,
L’étoile sortant de l’onde,
L’aube dorant l’horizon,
Et le bouquet sur la branche,
Et la nue obscure ou blanche !
Ce n’est point là ma maison.