Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/290

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Vent glacé, tu nous secoues !
Le char roule, et l’œil tremblant,
À travers ses grandes roues,
Voit un crépuscule blanc.


V


La nuit, sinistre merveille,
Répand son effroi sacré ;
Toute la forêt s’éveille
Comme un dormeur effaré.

Après les oiseaux, les âmes !
Volez sous les cieux blafards.
L’étang, miroir, rit aux femmes
Qui sortent des nénuphars.

L’air sanglote, et le vent râle,
Et, sous l’obscur firmament,
La nuit sombre et la mort pâle
Se regardent fixement.

19 novembre 1853.