Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/407

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L’honneur mort ; dans un siècle un seul jour : Fontenoy ;
Ce règne est une cave, et sous ce lâche roi
Tout s’éclipse, grandeur, victoire, exploits célèbres ;
Et, de mille fils noirs traversant les ténèbres,
Tout au fond, arrêtant dans leur vol vers l’azur
La grâce, la beauté, la jeunesse au front pur,
Son lit sombre rayonne en toile d’araignée.
Et cependant la terre est d’aurore baignée,
Un jour se lève, on sent un souffle frissonner ;
La France est une forge où l’on entend sonner
Le marteau du progrès et l’enclume du monde ;
Tout monte à l’idéal, lui, plonge dans l’immonde ;
La France marche au jour, lui dans l’ombre s’enfuit ;
Auprès de la lumière il élève la nuit ;
En regard de Paris, ce roi bâtit Sodome.

Or on allait cherchant un surnom à cet homme.

Voyez : instincts rampants, amours empoisonneurs,
Toutes les lâchetés et tous les déshonneurs,
Ignorance du bien et du mal, turpitude,
Bon visage aux méchants, orgie, ingratitude,
Soupir de délivrance à la mort de son fils ;
Organisant la faim, faisant d’affreux profits
Sur les peuples hagards que la misère mine,
S’engraissant de leur diète et mangeant leur famine,
Roi vampire ; riant des sanglots, sourd aux cris ;
Rampant, faisant régner l’Angleterre à Paris ;
Laissant rouer Calas, laissant brûler Labarre ;
Dur par indifférence et mollesse, barbare
Pour ne pas se donner la peine d’être bon ;
Fumier fleurdelysé, Vitellius Bourbon ;
Ayant sous ses plaisirs des prisons sépulcrales,
Des pleurs dans la Bastille exécrée, et des râles
Dans les cages de fer du vieux mont Saint-Michel ;
Petit-fils de cent rois, mais pas le plus cruel,
Pas le plus oppresseur du peuple et de l’empire,