Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/410

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Ô colosses de bronze et de pierre, monarques
Dont le globe meurtri porte partout les marques,
Tyrans, soyez maudits ! Puisse, à travers les cieux,
La nuit vous emporter d’un souffle furieux,
Et, le fouet de l’éclair aux mains, pâle et vivante,
Vous poursuivre, mêlant dans l’immense épouvante
Et le cheval de marbre et le cheval d’airain,
Et, rois ! Faire à jamais, dans la terreur sans frein,
Au fond du gouffre, plein d’éternelles huées,
Sous votre fuite sombre écrouler les nuées ! ―

Et ce masque pleurait et jetait des cris sourds.
Derrière les trois rois qui s’avançaient toujours,
Implacable, il semblait la pâle conscience.

Le rieur effrayant lui cria : Patience !

Et les trois rois marchaient sur le quai ténébreux,
Sans entendre ces cris de l’ombre derrière eux.