Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/416

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La charrue aidera l’hymne, et les travailleurs
Auront aux mains la gerbe et sur le front des fleurs ;
Car pour le verbe saint nulle voix n’est muette !
La pioche du mineur, la strophe du poète,
Creusent la même énigme et cherchent le même or.
Qu’importent les chemins où l’homme marche encor
Tantôt mouillé de pluie et tantôt blanc de poudre !

C’est en fraternité que tout doit se dissoudre ;
Et Dieu fera servir le calcul, la raison,
L’étude et la science, à cette guérison.
Peuples, Demain n’est pas un monstre qui nous guette ;
Ni la flèche qu’Hier en s’enfuyant nous jette.
Ô peuples ! L’avenir est déjà parmi nous.
Il veut le droit de tous comme le pain pour tous ;
Calme, invincible, au champ de bataille suprême,
Il lutte ; à voir comment il frappe, on sent qu’il aime ;
Regardez-le passer, ce grand soldat masqué !
Il se dévoilera, peuples, au jour marqué ;
En attendant il fait son œuvre ; la pensée
Sort, lumière, à travers sa visière baissée ;
Il lutte pour la femme, il lutte pour l’enfant,
Pour le peuple qu’il sert, pour l’âme qu’il défend,
Pour l’idéal splendide et libre ; et la mêlée,
Sombre, de ses deux yeux de flamme est étoilée.

Son bouclier, où luit ce grand mot : Essayons !
Est fait d’une poignée énorme de rayons.
Il ébauche l’Europe, il achève la France ;
Il chasse devant lui, terrible, l’ignorance,
Les superstitions où les cœurs sont plongés,
Et tout le tourbillon des pâles préjugés.
Oh ! Ne le craignez pas, peuples ! Son nom immense,
C’est aujourd’hui Combat et c’est demain Clémence.

À qui te cherche, ô Vrai, jamais tu n’échappas.