Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/110

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


X HERMINA


J'atteignais l'âge austère où l'on est fort en thème,
Où l'on cherche, enivré d'on ne sait quel parfum,
Afin de pouvoir dire éperdument: Je t'aime!
Quelqu'un.

J'entrais dans ma treizième année. Ô féuilles vertes!
Jardins! croissance obscùre et douce du printemps!
Et j'aimais Hermina, dans l'ombre. Elle avait, certes,
Huit ans.

Parfois, bien qu'elle fût à jouer occupée,
J'allais, muet, m'asseoir près d'elle, avec ferveur
Et je la regardais regarder sa poupée,
Rêveur.

Il est une heure étrange où l'on sent l'âme naître.
Un jour, j'eus comme un chant d'aurore au fond du coeur.
Soit, pensai-je! Avançons, parlons, c'est l'instant d'être
Vainqueur.
 
Je pris un air profond, et jelui dis: -Minette,
Unissons nos destins. Je demande ta main. -
Elle me répondit par cette pichenette:
-Gamin!

22 juin 1878.

== XI Oh! la femme et l'amo