Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/132

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Sortit le diamant, taillé, poli, splendide,
Magnifique, et si beau que son maître sordide
Le vendit à son tour quatre ou cinq millions.
C'était un de ces juifs, hideux tabellions,
Qui vendraient le printemps, la rosée et les astres,
Pour un mulet ployant sous sa charge de piastres.

Voilà ce que c'était que ton deuxième amant.

Aujourd'hui, contemplé par tous avidement,
Pur, superbé, admiré par la foule qui passe,
Et posé sur un front devant qui tout s'efface,
Le merveilleux caillou, rare et divin trésor,
Brille au plus haut fleuron d'une couronne d'or.
Son doux rayonnement dissipe l'ombre noire;
Et, le voyant reluire à ce sommet de gloire,
L'oeil croit voir resplendir l'éternel diamant,
L'éclatant Sirius dans le bleu firmament!
Léa! brille à jamais à ce sublime faîte!

Le troisième est un roi, c'est-à-dire un poète.

Le premier te vola, le second te vendit.
L'un fut un goujat vil, et l'autre un juif maudit.
Madame, le troisième, esprit noble, âme éprise,
Seul vous a méritée et seul vous a comprise.

1 février 1845.

XXII Un coup de vent passa,