Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/150

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XXXVIII Je ne sais pas pourquoi==


Je ne sais pas pourquoi les femmes
Font tant de façons pour montrer
Ce côté charmant de leurs âmes
Qui permet de les adorer.

Elles ont la honte divine
D'être belles, et d'entraîner
L'homme au but que leur coeur devine
Et refuse de deviner.

La beauté, céleste et sereine,
Sait tomber en restant debout,
Sait être esclave en restant reine,
Et sait tout prendre en donnant tout.

Au fond, elles sont peu méchantes.
L'amour est la chanson des nids;
Femme, en la commençant tu chantes,
Quitte à pleurer quand tu finis.

Car toute joie arrive aux larmes.
O toi que j'aime à deux genoux,
Qu'importe! Espérons! tu me charmes,
Et le printemps est avec nous.

Viens, ne crains rien; l'aube est vermeille,
Le ciel est bleu, les bois sont sourds.
Tout bas, au bon Dieu,. dans l'oreille,
Je raconterai nos amours.

28 mai.

== XXXIX