Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/153

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Les soupirs, ressemblaient à de vagues essais,
Et j'avais peur, sentant que je m'enhardissais.
Il est certain que c'est une action étrange
D'errer dans l'ombre au point de cesser d'être un ange,
 
Et que l'herbe était douce, et qu'il est fabuleux
D'oser presser le. bras d'une femme aux yeux bleus.
Nous nous sentions glisser vaguement sur la pente
De l'idylle où l'amour traître et divin serpente,
Et qui mène, à travers on ne sait quel jardin,
Souvent à l'enfer, mais en passant par l'éden.
Le printemps laisse faire, il permet, rien ne bouge.
Nous marchions, elle était rose, et devenait rouge,
Et je ne. savais rien, tremblant de mon succès,
Sinon qu'elle pensait à ce que je pensais.
Pâle, je prononçais des noms, Béatrix, Dante;
Sa guimpe s'entr'ouvrait, et ma prunelle ardente
Brillait, car l'amoureux contient un curieux.
Viens! dis-je... -Et pourquoi pas, ô bois mystérieux?

3 avril 1874.