Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/181

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LV LES PÉRIPÉTIES DE L'IDYLLE


Vous voulez bien venir avec moi dans les bois
Cueillir des fleurs, chercher l'ombre, écouter des voix,
Méditer, des lueurs épier le passage,
 
À la condition que je serai très sage.
Et je vous obéis. Pourtant dans ce hallier
Le vent me semble avec les branches familier,
Le papillon souhaite un calice et le trouve,
La rose est nue, et l'herbe est tendre, et le lys prouve
Qu'on montre sa blancheur sans perdre sa vertu,
Et les petits oiseaux tout bas se disent tu.
Faisons comme eux. Veux-tu? Non. Voulez-vous, Madame?
Tu souris.

Le printemps est un épithalame;
La feuille est un rideau, la source est un soupir;
Cupidon vient dans l'herbe agreste se tapir
Et rit de voir les fous le chercher dans les villes.
Les alcôves de pourpre et d'or sont laides, viles
Et pauvres à côté du lit profond des fleurs.
Comme ils riraient de moi, les gais merles siffleurs,
Si je n'abusais pas un peu des solitudes!
Essayons. Ah! tu prends de graves attitudes.
J'ai tort; pardonne-moi. Ces bois sont pleins d'ébats
Mystérieux. Veux-tu nous adorer tout bas?