Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/184

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Nous voici retombés
En pleine rêverie, et là-bas, deux abbés
Qui passent, livre en main, marmottant des prières,
Ont cru que nous lisions aussi nos bréviaires,
Tant tu sembles un ange et tant j'ai l'air d'un sot.
On prend de deux façons le paradis d'assaut;

Un des côtés, c'est Dieu l'autre côté, c'est Eve;
C'est pourquoi le serpent se glisse dans mon rêve;
Or jamais les baisers ne sont bien assoupis;
S'éveiller est leur droit. Tu te fâches. Tant pis!
Tant mieux!'ne crains donc pas ces branches qui tressaillent.
Quoi! pour que Lycoris et Virgile s'en aillent,
Quoi! pour chasser d'auprès d'Horace Lalagé,
Il suffit qu'un vieil arbre imbécile ait bougé!
Non, non. Je brave tout. Je me livre au pillage,
Sans me troubler d'un souffle errant dans le feuillage,
Et sans m'inquiéter si l'écart du fichu
Fait dans l'ombre loucher le faune au pied fourchu.

28 juillet.

LVI Je pressais ton bras