Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/185

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Je pressais ton bras qui tremble;
Nous marchions tous deux ensemble,
Tous deux heureux et vainqueurs.
La nuit était calme et pure.
Dieu remplissait la nature,
L'amour emplissait nos coeurs.

Tendre extase! saint mystère!
Entre le ciel et la terre
Nos deux esprits se parlaient.
A travers l'ombre et ses voiles,
Tu regardais les étoiles,
Les astres te contemplaient.

Et sentant jusqu'à ton âme
Pénétrer la douce flamme
De tous ces mondes vermeils,
Tu disais: Dieu de l'abîme!
Seigneur! vous êtes sublime.
Vous avez fait les soleils.

Et les astres à voix basse
Disaient au Dieu de l'espace,
Au Dieu de l'éternité:
Seigneur, c'est par vous qu'on aime.
Vous êtes grand, Dieu suprême.
Vous avez fait la beauté!

30 mars 1844.