Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/332

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Une blême lueur sort du cadavre nu.
Mais le destin pensif s'est toujours souvenu
De la nécessité de punir les coupables;
Mais l'invincible essaim des forces impalpables
Qu'on nomme vérité, devoir, progrès, raison,
Vient vers nous et remplit de rumeur l'horizon;
Mais nous sommes aidés par toute l'âme humaine;
Mais le monde a besoin d'un flambeau qui le mène,
Et vous vous appelez Ténèbres; mais le jour,
Le saint travail, la paix, la liberté, l'amour,
Tout cela conduit l'homme et tient dans le mot France!
Oui, nous sommes le deuil, la chute, la souffrance,
Nul peuple de si bas encor n'est revenu;
Mais nous avons pour nous ce quelqu'un d'inconnu
Dont on voit par moments passer l'ombre sublime
Par-dessus là muraille énorme de l'abîme!

9 novembre 1872