Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/106

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


XLI APRÈS SEIZE ANS


I

L’empire est un succès. Quel beau commencement !
Paris vaut une messe et coûte un faux serment ;
Ce n’est pas cher. Seize ans de gloire ! une jonchée
De lauriers et de fleurs, et l’histoire est trichée.
Tant pis pour elle. Hurrah. ! plus d’émeute à Roubaix.
Le sultan à la France offre huit chevaux bais ;
On en attellera le carrosse du sacre.
Nul revenant ne vient rabâcher le massacre ;
Les morts du Deux-Décembre ont le sommeil profond.
Les institutions de bienfaisance vont,
Et Saint-François-Régis sourit dans l’atmosphère.
Le crédit mobilier est une bonne affaire
Pour les Pereire ; et Fould, quoique mort, est vivant
Dans tout ce qu’on achète et dans tout ce qu’on vend,
Compris la conscience, é’t dans les phénomènes,
De l’enregistrement, du’ timbre et des domaines.
L’emprunt met une pièce aux déficits. Fort-bien.
Le vieux Paris, Sauvai, Du Breul, Félibien,
Se sauvent effarés devant Haussmann qui pioche.
Au bambino du ciél l’empire offre son mioche 58 ;
Le pape, doux parrain, donne un récépissé.
Le droit est un vieux mot, peu su, mal prononcé