Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/129

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DEUX ARRÊTS ONT ÉTÉ RENDUS CE MOIS-CI…==


Oh ! je sais maintenant pourquoi je ne pouvais.
Respirer, trouvant l’air de la terre mauvais ;
Pourquoi j’avais le fiel du flot sombre à la bouche,
Pourquoi je m’agitais dans’ le sommeil farouche,
Et pourquoi dans l’espace immense, j’étouffais.
Deux meurtres viennent d’être en moins d’un mois refaits,
Recommencés, dans l’ombre où je suis, où vous êtes,
Peuple, et nous les sentons dégoutter sur nos têtes !
En ce décembre obscur, aux sépulcres pareil,
Où l’on sent plus de honte avec moins de soleil,
Les hommes préposés à. cette forfaiture .
Qu’on nomme en France loi, code et magistrature,
Prêts, devant qui les paie, à fléchir le genou, .
Jetant aux cabanons quiconque vole un sou,
Mais souriants devant un : trône qu’on dérobe,
Ont trouvé le moyen de reteindre leur robe.
Avec du rouge pris, au baquet d’es bourreaux,..
Le sang d’un innocent et le. sang d’un héros ;
Et sur eux maintenant le reflet des abîmes
Flamboie, et leur justice a l’aspect. de deux crimes !