Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/138

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Il pleut, quoiqu’on n’ait pas de ciel. On est sous l’arche
D’un caveau bas, et tant qu’on peut marcher, on marche ;
Après on rampe ; on est dans une eau noire ; il faut
Étayer le plafond, s’il a quelque défaut ;
La mort fait un grand bruit quand tout à coup elle entre ;
C’est comme le tonnerre. On se couche à plat ventre.
Ceux qui ne sont pas morts se relèvent. Pas d’air.
Chaque sape est un trou dont un homme est le ver.
Quand la veine est en long, c’est bien ; quand elle est droite,
Alors la tâche est rude et la sape est étroite.
On sue, on gèle, on tousse ; on a chaud, on a froid.
On n’est pas sûr si c’est vivant tout ce qu’on voit.
Sitôt qu’on est sous terre on devient des fantômes.
— Les pauvres paysans qui vivent sous les chaumes
Respirent du moins l’air des cieux. — On étouffait.
— Pourquoi ne pas vous plaindre aussi ? — Nous l’avons fait.
Nous avons demandé, ne croyant pas déplaire,
Un peu moins de travail, un peu plus de salaire.
— Et l’on vous a donné, quoi ? — Des coups de fusil.
— Je m’en souviens, le maître a froncé le sourcil.
— Mon père est mort frappé d’une balle. — Et ta mère ?
— Folle. — Et tu n’as plus rien ? — Si. J’ai mon petit frère.
Il est infirme, il faut qu’il vive de façon
Que j’ai mendié, mais on m’a mise en prison.
Je ne sais pas les lois, mais on me les applique.
— Que fais-tu donc alors ? — Je suis fille publique.



Reposons nos regards sur d’autres femmes.

Dieu
A mis toute la paix d’en-haut dans ce beau lieu ;
C’est un palais et c’est un éden. Faste et joie.
Le rubis sur les seins, l’aube au ciel, tout rougeoie,
Tout est pourpre et splendeur, lumière et volupté.
Roses et femmes sont ouvertes, c’est l’