Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/142

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Partout la force au lieu du droit. L’écrasement Du problème, c’est là l’unique dénoûment. Partout la faim. Roubaix, Aubin, Ricamarie. La France est d’indigence et de honte maigrie. Si quelque humble ouvrier réclame un sort meilleur, Le canon sort de l’ombre et parle au travailleur. On met sous son talon l’émeute des misères. L’Afrique agonisante expire dans nos serres. Là tout un peuple râle et demande à manger. Famine dans Oran, famine dans Alger., — Voilà ce que nous fait cette France superbe. ! Disent-ils. — Ni maïs, ni pain. Ils broutent l’herbe. Et l’arabe devient épouvantable et fou. On rencontre, une femme au fond de quelque trou, Accroupie, et mangeant avec un air étrange. . — Qu’est-ce que tu, fais là ? . Hé bien, j’ai faim, je mange. — Ton chaudron sur le feu fume, qu’as-tu dedans ? Ces os, que l’on entend crier entre tes dents,. Cette chair qu’en grondant ronge ta bouche amère, Qu’est-ce ? C’est un enfant que j’avais, dit la mère.