Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/147

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ET RETOUR DES RÉGIMENTS==


— Aigles, où courez-vous ?
Que c’est beau la lumière !
Que c’est beau le soleil ! Dans ’sa splendeur première,
Quand l’aurore apparut, l’aigle la contempla,
Et, s’envolant, il dit à l’astre me voilà !
Car vous avez, oiseaux que hait l’ombre éternelle,
Pour le soleil les yeux, pour la liberté l’aile.
L’aigle chasse la brume affreuse du vallon ;
Il n’est qu’un souffle alors, mais s’appelle aquilon.
Les peuples ont besoin, Dieu seul étant leur règle,
D’avoir au-dessus d’eux l’immense vol de l’aigle ;
Car il tombe de l’aigle un éblouissement.
L’aigle va chercher l’aube au fond du firmament,
Vole, et crie en planant dans son vaste équilibre :
Hommes, voilà comment on est quand on est, libre !
Le groupe obscur des Nuits craint cet,audacieux.
Aigles, votre coup d’aile est nécessaire aux cieux.
Tout ce qui n’est pas vie, amour, clarté, principe,
Devant votre passage. effrayant, se dissipe
Votre fier bruit d’orage épouvante le mal ;
Le monde esprit succède au vil monde animal ;