Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/317

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MON JARDIN==

Dans le gazon qu’au sud abrite un vert rideau,
On voit, des deux côtés d’une humble flaque d’eau
Où nagent des poissons d’or et de chrysoprase,
Deux aloès qui font très bien dans une phrase ;
Le bassin luit dans l’herbe, et semble, à ciel ouvert,
Un miroir de cristal bordé de velours vert ;
Un lierre maigre y rate un effet de broussaille ;
Et, bric-à-brac venu d’Anet ou de Versaille,
Pris à l’antre galant de quelque nymphe Echo,
Un vase en terre cuite, en style rococo,
Dans l’eau qui tremble avec de confuses cadences,
Mire les deux serpents qui lui tiennent lieu d’anses,
Et qui jadis voyaient danser dans leur réduit
Les marquises le. jour, les dryades la nuit.
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