Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/318

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Un rayon de soleil ! une bête à bon Dieu !

Oh oui, je te comprends, printemps, tu m’insinues
Que c’est le mois des fleurs, des bois, des gorges nues,
Des billets doux ornés d’un’ coeur d’où sort du feu,
Et que je pourrais voir en me penchant un peu,
Si jusqu’au bord du toit mon regard se hasarde,
Marguerite en chemise au fond de sa mansarde.
Mois de- Maïa ! Lilàs, parfums, ruisseaux, bosquets,
Marquises regardant en dessous leurs laquais !
Les êtres sont poussés au péché par les choses ;
Oh ! la douce saison que la saison des roses !

L’homme s’écrie : Amour ! et l’âne dit : hi han !
Au temps jadis, au temps du bel Esplandian
Pour être en ce moment visité dans mon bouge
Par Garlinde, j’aurais mordu dans du fer rouge,
J’eusse été frénétique autour des voluptés,
J’aurais eu faim et soif de toutes les beautés,
Pour la belle Euriante. ou la belle Fosseuse,
J’aurais au coin des murs cogné ma boîte osseuse,
Je me serais tué, je me serais damné ;
Aujourd’hui, peuh ! la femme ! aujourd’hui j’ai dîné.