Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/413

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Ce monde, fête ou deuil, palais ou galetas,
Est chimérique, faux, ondoyant, plein d’un tas
De spectres vains, qu’on nomme Amour, Orgueil, Envie.
L’immense ciel bleu pend, tiré sur l’autre vie.
Le vrai drame, où dejà nos coeurs sont rattâchés,
Les personnages vrais, hélas ! nous sont cachés
Par ce ciel dont la mort est le noir machiniste.
Le sage sur le sort s’accoude, calme et triste,
Content d’un peu de pain et d’une goutte d’eau,
Et, pensif, il attend le lever du rideau.

15 octobre 1854.