Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/447

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Insondable, immuable,==

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Insondable, immuable, éternel, absolu ;
Face de vision ; être qui toujours crée ;
Centre ; rayonnement d’épouvante sacrée ;
Toute-puissance ayant des devoirs let des lois ;
Présence sans figure et sans borne et sans voix ;
Seul, pour prunelle ayant l’immensité sereine ;
Regardant du même oeil ce qu’un puceron traîne,
Ce que dévore un ver, ce qu’un-ciron construit;
Et le fourmillement des soleils dans la nuit;
Volonté, d’où le monde en jets vivants s’élance,
Qui pour matériaux a la nuit, le silence,
Le vide, le néant, rien ; et pour canevas
L’infini reflétant de vagues Jéhovàhs
Pensée aboutissant, lumineuse, aux prodiges`;
Moi gouffre où tous les moi tombent; pris de vertiges ;
Essence inexprimable en qui tout se confond ;
Tourbillonnement d’ombre et de lueur au fond
D’on ne sait quoi de grand, de splendide et de sombre ;
Espèce de forêt de facultés sans nombre ;
IL est là, formidable, unique, illimité,
Stupéfiant les cieux de son énormité ;
Et, sous le porche immense et brumeux de l’abîme,
Au’ degré le -plus noir du chaos, sur la cime,
Tous les êtres créés, en haut, en bas, partout,
Astres, globes, édens, enfers dont lé flot bout,