Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/469

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Sombre justice inique ! ô code terroriste !
Sépulcre ouvert par l’homme ! il semble au songeur triste
Dont l’oeil, au plus profond des choses introduit,
Voit tous les êtres vivré et sentir dans la nuit,
Que la loi meurtrière et fratricide effraie
Jusqu’aux gibets, hantés par la louve et l’orfraie ;
Oui, que c’est à regret que les pals, les poteaux,
La piqûre des clous, la lourdeur des marteaux,
Les tenailles, les crocs, les carcans, sont complices
Des tortures, des çris, des sanglots, des supplices ;
Et que devant le juge et l’assassin légal,
Et l’horrible balance au poids jamais égal,
Et la goule Thémis, vieux spectre parasite,
Le couperet proteste et la potence hésite.
Au poids de Rylesef la corde se cassant,
Marie au premier coup ruissélante de sang,
Jeanne montrée, au pied de la charpente infàme,
Toute nue aux bourreaux par la première flamme,
Sont comme des avis que de sa propre horreur
La peine de mort donne aux codes en fureur.
Tout l’affreux code humain, sourd brouillard, brume épaisse,
Apparaît au regard pensif comme une espèce