Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/79

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Je ne désire pas la mort de Bonaparte.
Quand cette aveugle idée arrivé, je l’écarte.
Je ne suis pas assez dans le secret du sort
Pour me croire le droit de vouloir une mort ;
Mon âme en son cachot n’a pas de meurtrière
Par où laisser tomber une telle prière.
Hommes, je ne hais point, même quand je combats.
Je regarde, pensif, les choses d’ici-bas ;
J’en suis blessé, mais non irrité ; j’y devine
Sous le néant humain l’immensité divine,
Et je laisse Dieu faire, en l’implorant pour tous.
Celui qui, comme moi, sait qu’il faut être doux,
Et que tout à la fin se retrouve et retombe,
Ne jette jamais rien dans l’ombre de la tombe.

10 février 1861.