Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/464

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quand brusquement une pierre s’abattit à ses pieds sur la plate-forme de la tour. Cette pierre venait du camp qui était sut la lisière de la forêt ; elle avait été lancée par une fronde, et fort adroitement, car elle était venue tomber avec beaucoup de précision sur le sommet du donjon où était Brisebleu. Brisebleu porta cette pierre à M. de Lantenac. Elle avait une enveloppe cerclée d’une ficelle ; on coupa la ficelle et l’on déploya l’enveloppe, qui se composait de deux feuilles de papier ; l’une était l’affiche de mise hors la loi lue et tambourinée en ce moment-là même par le crieur public dans tous les villages du pays de Fougères, l’autre était un placard écrit à la main et ainsi conçu :

« Camp devant la Tourgue, 18 août 1793.
« De par la loi

« Le ci-devant marquis de Lantenac sera exécuté demain 20 août.

« L’échafaud sera dressé devant la porte du ci-devant château de la Tourgue.

« Le délégué soussigné assistera à l’exécution.

Cimourdain. »

Cet envoi avait été fait par ordre de Cimourdain. Il tenait à ce que ceux qui devaient mourir fussent informés.

Le marquis de Lantenac fit clouer les deux placards sur le mur de la salle basse de la tour, et fit accrocher au-dessus une lanterne allumée, afin que tous pussent les lire.

P5. Feuillet 325. — X. Radoub.

La fin du chapitre, à partir de : « Gauvain, aussi surpris qu’eux-mêmes… », a été ajoutée après que Victor Hugo eut barré quelques lignes qu’on retrouve au chapitre suivant.

A6. Feuillet 335. — XIV. L’ImÂnus aussi s’évade.

La première version de la fin de ce chapitre est barrée. La rature prend après la signature de Lantenac sur la pierre tournante :

Cimourdain parut foudroyé. Il s’écria :

— Évadé ! Je croyais la Vendée morte, la voilà vivante. Lantenac sorti d’ici, c’est Pitt entré en France. Avant un mois l’Angleterre aura la Bretagne.

Et tordant et mêlant ses doigts dans ses poings crispés jusqu’à faire craquer ses jointures, il ajouta :

— Oh ! si je remets la main dessus, cette fois-là, Gauvain, mon fils, mon enfant, je le jure sur ta tête, il n’échappera pas !

Au-dessous du passage rayé, la date : 1er mai.

Le feuillet suivant, contenant la version publiée, a été ajouté.