Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/52

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pagnait les deux matelots ; un sergent détacha de la ligne de bataille douze soldats qu’il rangea sur deux rangs, six par six ; le canonnier, sans dire un mot, se plaça entre les deux files. L’aumônier, le crucifix en main, s’avança et se mit près de lui. — Marche, dit le sergent. — Le peloton se dirigea à pas lents vers l’avant ; les deux matelots, portant le suaire, suivaient.

Un morne silence se fit sur la corvette. Un ouragan lointain soufflait.

Quelques instants après, une détonation éclata dans les ténèbres, une lueur passa, puis tout se tut, et l’on entendit le bruit que fait un corps en tombant dans la mer.

Le vieux passager, toujours adossé au grand mât, avait croisé les bras, et songeait.

Boisberthelot, dirigeant vers lui l’index de sa main gauche, dit bas à La Vieuville :

— La Vendée a une tête.