Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/81

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— Dépêche-toi donc, René-Jean.

— C’est pourtant lui qui nous a retardées. Il faut qu’il parle à toutes les petites paysannes qu’on rencontre. Ça fait son homme.

— Dame, il va sur cinq ans.

— Dis donc, René-Jean, pourquoi as-tu parlé à cette petite dans le village ?

Une voix d’enfant, qui était une voix de garçon, répondit :

— Parce que c’est une que je connais.

La femme reprit :

— Comment ! tu la connais ?

— Oui, répondit le petit garçon, puisqu’elle m’a donné des bêtes ce matin.

— Voilà qui est fort ! s’écria la femme, nous ne sommes dans le pays que depuis trois jours, c’est gros comme le poing, et ça vous a déjà une amoureuse !

Les voix s’éloignèrent. Tout bruit cessa.