Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome VII.djvu/347

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


la robe de lin sur les hanches de Vénus Anadyomène. Le baromètre baisse, puis monte ; même jeu sombre dans Forage. On entend le sanglot de la création. La mer est la grande pleureuse. Elle est chargée de la plainte ; l’océan se lamente pour tout ce qui souffre. Sous l’eau les effluves vont et viennent, avec une vitesse de soixante dix mille lieues par seconde, du pôle boréal qui a un volcan, l’Hékla, au pôle austral qui en a deux, Erebus et Terror. Le liquide et le fluide combattent. Les solitudes sans défense subissent les chocs de ce tournoi sauvage. S’il n’y a personne, déluges ; si l’homme est là, naufrages. Telle est l’immense aventure de l’ombre.

Les vents coulent et croulent ; ils coulent, c’est la vie ; ils croulent, c’est le fléau.

Sous l’anneau de vent de l’équateur, il y a un roulement de foudre continu.

La rotation de la terre fait ronger leur rive gauche aux fleuves de l’hémisphère méridional.


II

Précisons cette géométrie majestueuse. Il y a toujours polarité électrique dans les cercles des spirales de vent ; un demi-cercle est positif et l’autre est négatif. L’électroscope le démontre. La ligne de translation qui suit le centre du cyclone sépare les deux électricités. Au centre la pesanteur diminue.

Au centre du cyclone, calme absolu. Il y a équilibre. La tempête est en paix avec elle-même.

Le plan de rotation du cyclone oblique à mesure qu’il monte vers les régions froides. Aux tropiques le cyclone est une tangente, aux pôles il est une sécante. Figurez-vous un disque, d’abord à plat, qui se redresse.

A neuf cents milles de distance, un cyclone en marche inquiète le baromètre.

L’atmosphère a un réseau veineux où ruissellent les vents. Parfois ce réseau s’engorge. Une tempête est une rupture d’anévrisme.

Variable dans l’immuable, telle est, insistons-y, cette législation. Des combinaisons sans nombre s’y ajoutent, et finissent par faire de ces quatre ou cinq lois, si simples en apparence, une forêt. Tout fait est un logarithme ; un terme ajouté le ramifie au point de le transformer. Les choses ont un aspect général où se dessinent et se groupent les grandes lignes de la création ; l’insondable est dessous. La physique a une restriction mentale, qui est la chimie. Toutes les lois de la nature ont un sous-sol.

De ce que la nature est une, on a conclu qu’elle était simple. Erreur. Partout, dans ce que la vieille science appelait des éléments, la science actuelle a reconnu des formations. L’eau de mer, par exemple,