Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome VIII.djvu/423

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MŒNIBUS SURDIS CAMPANA MUTA.

Un mouvement se fit, les torches brillèrent, le wapentake repassa, tenant haut le weapon, sous la porte rouverte du cimetière, le chapelain revint avec son livre, le fossoyeur avec sa pelle, le cortège reparut, sans le cercueil, la double file d’hommes refit le même trajet entre les deux portes avec la même taciturnité et en sens inverse, la porte du cimetière se referma, la porte de la prison se rouvrit, la voûte sépulcrale du guichet se découpa en lueur, l’obscurité du corridor devint vaguement visible, l’épaisse et profonde nuit de la geôle s’offrit au regard, et toute cette vision rentra dans toute cette ombre.

Le glas s’éteignit. Le silence vint tout clore, sinistre serrure des ténèbres.

De l’apparition évanouie. Ce ne fut plus que cela.

Un passage de spectres qui se dissipe.

Des rapprochements qui coïncident logiquement finissent par construire quelque chose qui ressemble à l’évidence. À Gwynplaine arrêté, au mode silencieux de son arrestation, à ses vêtements rapportés par l’homme de police, à ce glas de la prison où il avait été conduit, venait s’ajouter, disons mieux, s’ajuster cette chose tragique, un cercueil porté en terre.

— Il est mort ! cria Ursus.

Il tomba assis sur une borne.

— Mort ! Ils l’ont tué ! Gwynplaine ! mon enfant ! mon fils !

Et il éclata en sanglots.