Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome VIII.djvu/67

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QUESTIONS.

le constable. On pouvait lire encore, il y a vingt-trois ans, sur une pierre de la porte d’Otero, une inscription intraduisible — le code dans les mots brave l’honnêteté — où est du reste marquée par une forte différence pénale la nuance entre les marchands d’enfants et les voleurs d’enfants. Voici l’inscription, en castillan un peu sauvage : Aqui quedan las orejas de los comprachicos, y las bolsas de los robaniños, mientras que se van ellos al trabajo de mar. On le voit, les oreilles, etc., confisquées n’empêchaient point les galères. De là un sauve-qui-peut parmi les vagabonds. Ils partaient effrayés, ils arrivaient tremblants. Sur tout le littoral d’Europe, on surveillait les arrivages furtifs.

Pour une bande, s’embarquer avec un enfant était impossible, car débarquer avec un enfant était périlleux.

Perdre l’enfant, c’était plus tôt fait.

Par qui l’enfant qu’on vient d’entrevoir dans la pénombre des solitudes de Portland était-il rejeté ?

Selon toute apparence, par des comprachicos.