Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Théâtre, tome II.djvu/274

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M. DE GORDES.
Madame de Cossé ! Sire, baissez la voix.
Lui montrant M. de Cossé qui passe au fond du théâtre. — M. de Cossé, court et ventru, « un des quatre plus gros gentilshommes de France », dit Brantôme.
Le mari vous entend.
LE ROI.
Hé ! mon cher Simiane,
Qu’importe !
M. DE GORDES.
Il l’ira dire à madame Diane.

LE ROI.
Qu’importe !
Il va au fond du théâtre parler à d’autres femmes qui passent.

TRIBOULET, à M. de Gordes.
Il va fâcher Diane de Poitiers.
Il ne lui parle pas depuis huit jours entiers.
M. DE GORDES.
S’il l’allait renvoyer à son mari ?
TRIBOULET.
J’espère
Que non.
M. DE GORDES.
Elle a payé la grâce de son père.
Partant, quitte.
TRIBOULET.
À propos du sieur de Saint- Vallier,
Quelle idée avait-il, ce vieillard singulier,

De mettre dans un lit nuptial sa Diane,
Sa fille, une beauté choisie et diaphane,
Un ange que du ciel la terre avait reçu,
Tout pêle-mêle avec un sénéchal bossu !

M. DE GORDES.
C’est un vieux fou. — J’étais sur son échafaud même

Quand il reçut sa grâce. — Un vieillard grave et blême.