Page:Hugo - Actes et paroles - volume 7.djvu/47

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Pourquoi ne pas attendre que le conflit européen soit apaisé ? Quand la situation sera redevenue calme, si votre incompatibilité d’humeur ne s’est pas dissipée, si vous persistez dans votre fantaisie théorique, vous nous en reparlerez, et, puisque nous sommes ce qu’en Angleterre on appelle la cour des divorces, nous aviserons. Nous choisirons entre la chambre et vous. Mais rien ne presse, attendez. En ce moment, soyons prudents, et n’ajoutons pas, de gaieté de cœur, à la complication extérieure, déjà très redoutable, une complication intérieure plus redoutable encore. ( Très bien ! très bien ! à gauche.)

Nous disons cela, qui est sage.

Messieurs, une chose me frappe, et je dois la dire : c’est qu’en ce moment, dans l’heure critique où nous sommes, l’esprit de gouvernement est de ce côté ( montrant la gauche ), et l’esprit de révolution est du côté opposé ( montrant la droite ). ( C’est vrai ! c’est vrai ! à gauche ).

En effet, que veut-on de ce côté, du côté républicain ?

Le maintien de ce qui est, l’amélioration lente et sage des institutions, le progrès pas à pas, aucune secousse, aucune violence, le suffrage universel, c’est-à-dire la paix entre les opinions, et l’Exposition universelle, c’est-à-dire la paix entre les nations. Et qu’est-ce que cet ensemble de bonnes volontés tournées vers le bien ? Messieurs, c’est l’esprit de gouvernement. ( Applaudissements à gauche.)

Et du côté opposé, du côté monarchique, que veut-on ?

Le renversement de la république, la paix publique livrée à la compétition de trois monarchies, le parti pris pour le pape contre notre alliée l’Italie, la partialité pour un culte allant jusqu’à l’acceptation d’une guerre religieuse éventuelle ( Dénégations à droite.-A gauche : Oui ! oui !), et cela à une époque où la France ne peut et ne doit faire que des guerres patriotiques, le suffrage universel discuté, la force rompant l’équilibre de la loi et du droit, la négation de notre législation civile par la revendication catholique ; en un mot, une effrayante remise en question de toutes les