Page:Hugo - Actes et paroles - volume 7.djvu/48

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solutions sur lesquelles repose la société moderne. ( Applaudissements répétés à gauche.) Qu’est-ce que tout cela, messieurs ? c’est l’esprit de révolution. ( Oui ! oui ! -Applaudissements.)

J’avais donc raison de le dire : oui, à cette heure, l’esprit de gouvernement est dans l’opposition, et l’esprit de révolution est dans le gouvernement !

Qu’est-ce que la dissolution ?

C’est une révolution possible. Quelle révolution ? La pire de toutes. La révolution inconnue. ( Sensation.-Murmures à droite.-Vive adhésion, à gauche.)

Messieurs les sénateurs, croyez-moi. Oui, soyez le gouvernement. Coupez court à cette tentative. Arrêtez net cette étrange insurrection du 16 mai…

( Réclamations à droite ; cris : A l’ordre ! à l’ordre ! — Applaudissements prolongés à gauche.-M. le président : Les applaudissements par lesquels on soutient l’orateur n’empêcheront pas le président de faire son devoir : ce n’est pas assez d’avoir porté contre une partie de cette chambre des accusations d’opinions factieuses, vous appelez un acte qui n’est pas sorti de la légalité un acte révolutionnaire ; le président s’en étonne. — A gauche : Ce sont des préliminaires de révolution ! — M. Valentin : L’avertissement était nécessaire ! — M. le président : Monsieur Valentin, vous n’avez pas la parole ! — A gauche, à M. Victor Hugo : Continuez ! — A droite : Que l’orateur retire le mot « insurrection » ! — A gauche, unanimement : Non ! ne retirez rien ! — L’orateur ne retire rien et continue.)

Ayez, messieurs, une volonté, une grande volonté, et signifiez-la. La France veut être rassurée. Rassurez-la. On l’ébranle. Raffermissez-la. Vous êtes le seul pouvoir que ne domine aucun autre. Ces pouvoirs-là finissent par avoir toute la responsabilité. La chambre relève, de vous, vous pouvez la dissoudre ; le président relève de vous, vous pouvez le juger. Ayez le respect, je dis plus, l’effroi de votre toute-puissance, et usez-en pour le bien. Redoutez-vous