Page:Hugo - L'Homme qui rit, 1869, tome 2.djvu/188

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favorable, on comprit que le match réussirait. Le quasi-géant Phelem-ghe-madone avait les inconvénients de ses avantages ; il se mouvait pesamment. Ses bras étaient massue, mais son corps était masse. Le petit courait, frappait, sautait, grinçait, doublait la vigueur par la vitesse, savait les ruses. D’un côté le coup de poing primitif, sauvage, inculte, à l’état d’ignorance ; de l’autre le coup de poing de la civilisation. Helmsgail combattait autant avec ses nerfs qu’avec ses muscles et avec sa méchanceté qu’avec sa force ; Phelem-ghe-madone était une espèce d’assommeur inerte, un peu assommé au préalable. C’était l’art contre la nature. C’était le féroce contre le barbare.

Il était clair que le barbare serait battu. Mais pas très vite. De là l’intérêt.

Un petit contre un grand. La chance est pour le petit. Un chat a raison d’un dogue. Les Goliath sont toujours vaincus par les David.

Une grêle d’apostrophes tombait sur les combattants : — Bravo, Helmsgail ! good ! well done, highlander ! — Now, Phelem[1] !

  1. Bravo, Helmsgail ! bon ! c’est bien, montagnard ! — À ton tour Phelem !