Page:Hugo - La Fin de Satan, 1886.djvu/81

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Nemrod debout foulait le pic inabordable.
Il allait et venait, charpentier formidable ;
La terre l’écoutait remuer sur le mont ;
Le bruit de son marteau, troublant l’éther profond,
Faisait au loin lever la tête aux monts Carpathes ;
Accroupis, devant Thèbe allongeant leurs deux pattes,
De leur œil fixe où l’ombre a l’air de rayonner,
Les sphynx le regardaient, cherchant à deviner.
Et la mer Caspienne en bas rongeait la grève.

Au bout d’un long sapin il attacha son glaive,
Puis pesa dans sa main ce vaste javelot,
Et dit : c’est bien. Le mont qu’avait couvert le flot
Et qui connaissait Dieu, frémit sous sa pensée.


II

Par une corde au sol la cage était fixée.
Il mit aux quatre coins les quatre aigles béants.
Il leur noua la serre avec ses doigts géants
Et les monts entendaient les durs oiseaux se plaindre.
Puis il lia, si haut qu’ils n’y pouvaient atteindre,
Au-dessus de leurs fronts inondés de rayons
Les piques où pendaient la viande des lio