Page:Hugo - La Fin de Satan, 1886.djvu/84

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O déserts, noirs vallons, lacs, rochers, grandes plaines,
Levez vos fronts sans nombre et vos millions d’yeux,
Je m’en vais conquérir le ciel mystérieux !


IV

Et l’esquif monstrueux se ruait dans l’espace.
Les noirs oiseaux volaient, ouvrant leur bec rapace.
Les invisibles yeux qui sont dans l’ombre épars
Et dans le vague azur s’ouvrent de toutes parts,
Stupéfaits, regardaient la sinistre figure
De ces brigands ailés à l’immense envergure,
Et le char vision, tout baigné de vapeur,
Montait ; les quatre vents n’osaient souffler de peur
De voir se hérisser le poitrail des quatre aigles.

Plus sans frein, sans repos, sans relâche et sans règles,
Les aigles s’élançaient vers les lambeaux hideux,
Plus le but reculant montait au-dessus d’eux,
Et, criant comme un bœuf qui réclame l’étable,
Les grands oiseaux, traînant la cage redoutable,
Le poursuivaient toujours sans l’atteindre jamais.
Et pendant qu’ils montaient, gouffres noirs, clairs sommets,
Tout s’effarait ; l’étrusque, et l’osque, et le pélasge
Disaient : — Qu’est-ce que c’est que ce sombre attela