Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome II (1892).djvu/123

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VII

TOUT DE SUITE UN DANGER


Il y avait peu de brise, mais ce qui soufflait, soufflait de l’ouest. C’est une mauvaise habitude que le vent a volontiers dans l’équinoxe.

La marée montante, selon le vent qui souffle, se comporte diversement dans l’écueil Douvres. Suivant la rafale qui le pousse, le flot entre dans ce corridor soit par l’est, soit par l’ouest. Si la mer entre par l’est, elle est bonne et molle ; si elle entre par l’ouest, elle est furieuse. Cela tient à ce que le vent d’est, venant de terre, a peu d’haleine, tandis que le vent d’ouest, qui traverse l’Atlantique, apporte tout le souffle de l’immensité. Même très peu de brise apparente, si elle vient de l’ouest, est inquiétante. Elle roule les larges lames de l’étendue illimitée, et pousse trop de vague à la fois dans l’étranglement.

Une eau qui s’engouffre est toujours affreuse. Il en est d’une eau comme d’une foule ; une multitude est un liquide ; quand la quantité pouvant entrer est moindre que la quan-