Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome I (1891).djvu/233

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VI

CHANCE QU’ONT EUE CES NAUFRAGÉS DE RENCONTRER CE SLOOP


L’équinoxe s’annonce de bonne heure dans la Manche. C’est une mer étroite qui gêne le vent et l’irrite. Dès le mois de février, il y a commencement de vents d’ouest, et toute la vague est secouée en tous sens. La navigation devient inquiète ; les gens de la côte regardent le mât de signal ; on se préoccupe des navires qui peuvent être en détresse. La mer apparaît comme un guet-apens ; un clairon invisible sonne on ne sait quelle guerre ; de grands coups d’haleine furieuse bouleversent l’horizon ; il fait un vent terrible. L’ombre siffle et souffle. Dans la profondeur des nuées la face noire de la tempête enfle ses joues.

Le vent est un danger ; le brouillard en est un autre.

Les brouillards ont été de tout temps craints des navigateurs. Dans certains brouillards sont en suspension des