Page:Hugo Hernani 1889.djvu/121

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Don Carlos.

Et cette doña Sol ! Tout m’irrite et me blesse !
Comte, si je suis fait empereur, par hasard,
Cours la chercher. Peut-être on voudra d’un césar !


Don Ricardo., souriant.

Votre altesse est bien bonne !


Don Carlos, l’interrompant avec hauteur.

Votre altesse est bien bonne !Ah ! Là-dessus, silence !
Je n’ai point dit encor ce que je veux qu’on pense.
— Quand saura-t-on le nom de l’élu ?


Don Ricardo.

— Quand saura-t-on le nom de l’élu ?Mais, je crois,
Dans une heure au plus tard.


Don Carlos.

Dans une heure au plus tard.Oh ! trois voix ! rien que trois !
Mais écrasons d’abord ce ramas qui conspire,
Et nous verrons après à qui sera l’empire.

Il compte sur ses doigts et frappe du pied.

Toujours trois voix de moins ! Ah ce sont eux qui l'ont !
– Ce Corneille Agrippa pourtant en sait bien long !
Dans l'océan céleste il a vu treize étoiles
Vers la mienne du nord venir à pleine voiles.
J'aurai l'empire, allons ! – Mais d'autre part on dit
Que l'abbé Jean Trithème à François l'a prédit.
– J'aurais dû, pour mieux voir ma fortune éclaircie,
Avec quelque armement aider la prophétie !
Toutes prédictions du sorcier le plus fin
Viennent bien mieux à terme et font meilleure fin
Quand une bonne armée, avec canons et piques,
Gens de pied, de cheval, fanfares et musiques,
Prête à montrer la route au sort qui veut broncher,
Leur sert de sage-femme et les fait accoucher.
Lequel vaut mieux, Corneille Agrippa ? Jean Trithème ?